Science participative : effet de mode ou outil moderne ? De Vigie-nature à 65 Millions d'Observateurs



foule.png

13/09/19 - Séminaire de Romain JULLIARD (MNHN)

Le vendredi 13 septembre 2019 à 13h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Science participative : effet de mode ou outil moderne ? De Vigie-nature à 65 Millions d'Observateurs

Mis en place dans les années 2000, Vigie-nature (www.vigienature.fr) a trois objectifs : alimenter en données un projet de recherche sur le devenir de la biodiversité face aux changements globaux ; permettre aux participants de développer des compétences autour des enjeux de biodiversité ; produire des indicateurs pour la puissance publique à différentes échelles spatiales. Pour y répondre, Vigie-nature s’appuie sur des protocoles standardisés d’observation proposés à différents publics répondant à des projets spécifiques et produisant des données structurées. Ces protocoles exigeants pour le participant semblent paradoxalement plus engageants que des dispositifs d’observation peu contraints (hypothèse de l’ « expérience optimale », cf les travaux de M. Csíkszentmihályi). Notre expérience souligne également l’importance du partage des données structurées entre participants afin de leur permettre de s’imiter, de s’entraider et de se contrôler les uns les autres. C’est un processus très puissant de contrôle-qualité. L’animation des projets de sciences participatives est évidemment essentielle et distribuée à différents niveaux d’organisation qu’il s’agit d’articuler. En particulier, le niveau local (relais locaux qui vont de l’échelle du quartier à celui de la région) est sans doute le plus efficace et là où se trouve les ressources humaines d’animation. Il s’agit de proposer les outils d’animation appropriés à ces échelles et de permettre la circulation de données structurées entre ces niveaux. C’est l’un des principaux objectifs de l’infrastructure pour les sciences participatives que met en place le projet « 65 millions d’Observateurs ».

Contact : Romain JULLIARD


" Dis-moi ce que tu es, je te dirai ce que tu manges " : relier les outils dentaires des mammifères aux propriétés physiques de leurs aliments



dent.jpg

06/09/19 - Séminaire de Ghislain THIERY (PALEVOPRIM UMR CNRS 7262 Université de Poitiers)

Le vendredi 6 septembre 2019 à 13h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

" Dis-moi ce que tu es, je te dirai ce que tu manges " : relier les outils dentaires des mammifères aux propriétés physiques de leurs aliments

L’accès aux ressources alimentaires est un facteur prépondérant à la survie des espèces animales. Dans le cas des espèces folivores ou frugivores, cela nécessite parfois d’accéder à des ressources protégées mécaniquement, par exemple par des fibres coriaces, une surface abrasive ou une coque dure. Chez les mammifères, ce sont les dents qui sont le plus souvent sollicitées contre ces protections. Au-delà de l’usure et des dommages causés par ces contacts répétés, la pression de sélection exercée par les plantes sur la dent peut conduire à l’émergence d’outils dentaires - c’est à dire d’adaptations de la dent à la consommation d’aliments résistants.
Dans le cadre de mon projet de recherche, j’étudie les outils dentaires des mammifères actuels à l’aide de la topographie dentaire, un outil analytique permettant de caractériser la géométrie de surface de la dent. Mon objectif est d’isoler les outils dentaires afin de les comparer entre les espèces. Dans un deuxième temps, j’explore les propriétés physiques des plantes consommées par ces espèces. A l’aide de testeurs mécaniques transportables, je mesure la dureté et la coriacité de plantes collectées directement sur le terrain.
Le but de cette récolte de données est de construire des modèles capables de prédire la niche physique fondamentale des mammifères actuels et fossiles, c’est à dire l’étendue des aliments qu’ils sont capables de consommer sans risque. De telles connaissances trouvent de nombreuses applications en écologie, en biologie de l’évolution, en conservation des espèces ou encore en paléontologie.

Contact : Ghislain THIERY


Réponses biogéochimiques des tourbières aux perturbations globales et locales : de l’observation à la restauration



tourbiere.jpg

28/06/19 - Séminaire de Sébastien GOGO, UMR CNRS ISTO Université d'Orléans

Le vendredi 28 juin 2019 à 13h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Réponses biogéochimiques des tourbières aux perturbations globales et locales : de l’observation à la restauration

Les tourbières ne couvrent que 3% de la surface des continents, mais elles contiennent entre 1/4 et 1/3 du C des sols mondiaux. Ces "hot-spots" de stockage de carbone (C) sont soumis à de multiples perturbations locales et globales. En agissant sur les facteurs physiques (température, profondeur de la nappe d'eau), les perturbations pourraient transformer ces écosystèmes puits en source durable de C avec pour effet de rétroagir positivement sur les changements globaux. De plus, les perturbations induisent des changements de végétation dont les effets sur le cycle et le bilan de C sont encore peu étudiés. Dans ce contexte, les questions sur lesquelles je travaille sont : 1) comment sont affectées les composantes du cycle du C dans une tourbière soumises à un changement de végétation, 2) le fonctionnement en source de C d'une tourbières est-il réversible et 3) quelle rétroaction va se mettre en place dans le contexte des changements climatiques? Pour répondre à ces questions, l'approche adoptée est multi-échelle. Mon site d'étude principal est la tourbière de la Guette (Sologne). Ce site était dominé par les sphaignes, mais il est maintenant envahi par Molinia caerulea. A l'échelle la plus fine, je montrerai que le mélange de litière dans les tourbières peut entrainer une augmentation de la décomposition. A une échelle intermédiaire, j'exposerai les résultats d'une expérience en mésocosmes sur l'effet de la présence de Molinia caeruelae sur les flux de gaz à effet de serre. A l'échelle la plus large, je présenterai le bilan de C à l'échelle de l'écosystème. Au-delà de la compréhension du fonctionnement des tourbières, mon travail porte aussi sur la restauration de la fonction puits C de ces systèmes, dont je montrerai des résultats préliminaires. Enfin, après une présentation de mes activités de recherche et d'observation au niveau national et international, je présenterai quelques perspectives.

Contact : Sébastien GOGO


Étude des bactéries oxydantes du fer dans les aquifères hétérogènes : rôle dans le fonctionnement biogéochimique des zones d'interface



thesard.jpg

26/06/19 - Soutenance de thèse de Lorine BETHENCOURT

Le mercredi 26 juin 2019 à 13h30, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Étude des bactéries oxydantes du fer dans les aquifères hétérogènes : rôle dans le fonctionnement biogéochimique des zones d'interface

Résumé : Les bactéries de la famille des Gallionellaceae (β-proteobacteria) oxydent le fer dissous à pH neutre pour alimenter leur métabolisme énergétique. Ces bactéries sont endémiques des habitats microaérobies, où elles peuvent rivaliser avec l'oxydation abiotique rapide du fer par l'oxygène. Elles sont ainsi retrouvées généralement dans les zones d’interface entre l’atmosphère et un compartiment anoxique riche en fer, tel qu’une résurgence d’eau souterraine. Pourtant ces cinq dernières années, de plus en plus d’études attestent de la présence des Gallionellaceae en profondeur dans certains milieux souterrains, à des profondeurs où ils sont généralement considérés comme anoxiques. Dans plusieurs de ces milieux, comme par exemple certains aquifères du massif armoricain (Bretagne, France), les Gallionellaceae semblent même dominer les communautés microbiennes présentes. Cela suggère que non seulement il existe des zones d’interface en profondeur dans ces aquifères entre un compartiment contenant de l’oxygène et un compartiment anoxique riche en fer, mais aussi que ces zones d’interface peuvent avoir un rôle prépondérant dans le maintien des populations microbiennes en profondeur. L’objectif de cette thèse était ainsi d’explorer la diversité et l’écologie des Gallionellaceae au sein des milieux souterrains, afin de mieux comprendre le fonctionnement biogéochimique global de ces milieux. Une approche pluridisciplinaire a été privilégiée pour répondre à cet objectif, faisant intervenir des analyses hydrogéochimiques et métagénomiques sur plusieurs sites du massif Armoricain.

Abstract: Bacteria of the Gallionellaceae family (β-proteobacteria) oxidise dissolved iron at circumneutral pH to fuel their energy metabolism. These bacteria are endemic of microaerobic habitats, where they can outcompete the rapid abiotic oxidation of iron with oxygen. They are thus generally found in the interface areas between the atmosphere and an anoxic iron-rich compartment, such as a resurgence of groundwater. However, in the last five years, several studies have shown the presence of Gallionellaceae at depth in some subsurface environments, at depths where they are generally anoxic. In several of these environments, such as some aquifers in the Armorican basement (Brittany, France), Gallionellaceae even seem to dominate the microbial communities. This suggests (I) that there are deep interface zones in these aquifers between an oxygen-containing compartment and an anoxic iron-rich compartment, and (II) that these interface zones can have a major role in maintaining microbial populations at depth. The objective of this thesis was to explore the diversity and the ecology of Gallionellaceae bacteria in these subsurface environments, for uncover their overall biogeochemical functioning. A multidisciplinary approach was used to achieve this objective, involving metagenomic and hydrogeochemical analyses.

Jury :

  • Bénédicte MENEZ - Professeure à l'Université Paris Diderot (Institut de Physique du Globe de Paris) - Rapportrice
  • Frédéric PARTENSKY - Directeur de recherche CNRS (Station biologique de Roscoff) - Rapporteur
  • Emmanuelle PETELET-GIRAUD - Chargée de recherche au BRGM (Bureau de Recherche Géologiques et Minières) - Examinatrice
  • Céline BROCHIER-ARMANET - Professeure à l'Université Claude Bernard Lyon 1 (Laboratoire de Biométrie et Biologie Évolutive) - Examinatrice
  • Jean-Raynald DE DREUZY - Directeur de recherche CNRS (Laboratoire Géosciences Rennes) - Examinateur
  • Luc AQUILINA - Professeur à l'Université de Rennes 1 (Laboratoire Géosciences Rennes) - Directeur de thèse
  • Alexis DUFRESNE - Chargé de recherche CNRS (Laboratoire ECOBIO) - Co-directeur de thèse

Contact : Lorine BETHENCOURT


Réponses écophysiologiques des insectes aux stress environnementaux



thesard.jpg

24/06/19 - Soutenance d'HDR d'Hervé COLINET

Le vendredi 24 juin 2019 à 14h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Réponses écophysiologiques des insectes aux stress environnementaux

Jury :
- Dominique JOLY DR CNRS Université Paris Sud, Paris Rapporteur
- Frédéric SILVESTRE Professeur Université de Namur, Belgique Rapporteur
- Claudio LAZZARI Professeur Université François Rabelais, Tours Rapporteur
- Claudia WIEGAND Professeur Université de Rennes1, Rennes Examinateur
- Patricia BELDADE Professeur Université de Lisbonne, Portugal Examinateur
- Olivier LOURDAIS CR CNRS HDR Centre d’Etudes Biologiques de Chizé Examinateur

Contact : Hervé COLINET