Séminaire de David BIRON (LMGE - UMR 6023)



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Le jeudi 16 mars 2017 à 10h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Le jeudi 16 mars 2017 à 10h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

L’intérêt et l’apport de la caractérisation génétique des populations de l’abeille domestique afin de contribuer au développement d’une apiculture durable.

David est parasitologue, et travaille notamment sur les dialogues et conflits moléculaires impliqués dans les associations hôtes-parasites.

Résumé:
L’homme dépend de la biodiversité. Elle lui est nécessaire notamment pour l’alimentation à travers l’agriculture, l’élevage et la pêche qui constituent les activités humaines les plus liées au vivant. Mais cette biodiversité n’est pas stable et varie continuellement au fil des siècles et des millénaires selon un processus de sélection dû aux conditions environnementales. Le taux d'extinction d'espèces à l'heure actuelle est estimé entre 100 et 1 000 fois plus élevé que le taux moyen d'extinction qu'a connu jusqu'ici l'histoire de l'évolution de la vie sur Terre. En effet, les progrès technologiques depuis l’ère industrielle ont permis à l’homme de modifier de manière importante les milieux, provoquant une perturbation non négligeable dans l’équilibre des réseaux trophiques et des services écosystémiques dont la pollinisation assurée par l’abeille domestique. Comme de nombreuses espèces naturelles, les populations européennes de l'abeille domestique sont confrontés sans cesse à la pression croissante de facteurs biotiques et abiotiques : (i) stress environnementaux (malnutrition, urbanisation, molécules et résidus issus de l’activité agricole et industrielle, mauvaise gestion apicole,  changement climatique, la perte et la fragmentation d'habitats) ; (ii) la diversité génétique; (iii) le parasitisme. D’ailleurs, puisque l'abeille domestique est une espèce d'intérêt agronomique, sa structure naturelle a été perturbée notamment en France par l'introduction délibérée de reines et d'essaims issus de sous-espèces et d’hybrides non indigènes au territoire, cela tend à homogénéiser la diversité génétique naturelle, et par conséquent, mettre en danger de nombreuses sous-espèces de l'abeille domestique. La répartition naturelle des sous-espèces d’Apis mellifera et la pureté des sous-espèces pur-sang utilisées par les apiculteurs professionnels ont probablement été perturbées et affectées depuis plusieurs décennies (i) par les techniques usuelles d'apiculture, (ii) par le commerce international des abeilles (ex.: colonies, reines, faux-bourdons) et (iii) aussi par les produits et stratégies utilisés pour tenter de freiner le déclin de l’abeille domestique. Par exemple, l'apiculture a favorisé la répartition de sous-espèces avec des traits spécifiques apicoles à l'extérieur de leur aire de répartition naturelle, généralement au détriment des autres sous-espèces ce qui a causé une baisse de la diversité génétique nécessaire pour faire face à des agents pathogènes indigènes ou invasifs introduits par les colonies d’abeilles commerciales.  Dans le cadre de la présentation, l’histoire évolutive de l’abeille domestique et les outils pour caractériser ses sous-espèces seront présentées. Egalement, l’intérêt de caractériser la diversité génétique et éco-éthologique des abeilles mellifères de la lignée d'Europe occidentale (lignée de M), et ii) de protéger, préserver la diversité génétique de ces populations afin de constituer une réserve de diversité utilisable par l'industrie apicole et les apiculteurs seront présentés et discutés.

Contact : David BIRON





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