Soutenance de thèse d'Anne TREGUIER



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Le mardi 17 décembre 2013 à 13h00, dans l’amphithéâtre Camille Moule, Agrocampus-Ouest, 65 rue de Saint-Brieuc, Rennes.

Le mardi 17 décembre 2013 à 13h00, dans l’amphithéâtre Camille Moule, Agrocampus-Ouest, 65 rue de Saint-Brieuc, Rennes.
Invasibilité de réseaux de mares par l'écrevisse de Louisiane Procambarus clarkii : rôle du paysage, de l'habitat et des interactions biotiques

Jury :
Catherine SOUTY-GROSSET, Chargé de recherche, Université Poitiers / Rapporteur
Régis CEREGHINO, Professeur, Université Toulouse / Rapporteur
Yannick OUTREMAN, Professeur, Agrocampus Ouest, Rennes / Examinateur
Nicolas POULET, Chargé de mission, Onema Toulouse / Examinateur
Luc MADEC, Professeur, Université Rennes / Examinateur
Jean-Marc PAILLISSON, Ingénieur de recherche, CNRS Rennes / Co-directeur de thèse
Jean-Marc ROUSSEL, Chargé de recherche, INRA Rennes / Directeur de thèse

Résumé :
La problématique générale de ce travail de thèse porte sur la description du patron d’invasion de petits écosystèmes aquatiques organisés en réseaux, par l’une des espèces les plus invasives en Europe, l’écrevisse de Louisiane Procambarus clarkii. Ce travail a porté sur plusieurs réseaux de mares bocagères du Parc naturel régional de Brière. En premier lieu, nous avons cherché à optimiser la détection de P. clarkii dans les mares à l’aide de deux méthodes d’échantillonnage, l’une novatrice, l’ADN environnemental (i.e. la recherche d’ADN de l’espèce cible dans des prélèvements d’eau des mares), et l’autre, le piégeage, traditionnellement utilisé pour capturer des écrevisses en milieux lentiques turbides. L’ADN environnemental s’est révélé légèrement plus performant que le piégeage (taux de détection de 73 % contre 65 % par les nasses) avec néanmoins des divergences selon les méthodes. En particulier, seul le piégeage est actuellement en mesure de fournir des données d’abondance et de structure de populations. Les données de présence/absence ont ensuite été utilisées afin d’étudier les patrons de distribution spatiale de P. clarkii dans trois réseaux de mares, chacun avoisinant un marais (source majeure en écrevisses) générant toutefois des pressions en propagules variables. Ces dernières se sont avérées être un facteur clé du degré de colonisation des mares. Le taux de colonisation le plus élevé a été observé dans le réseau accolé au marais le plus envahi (60 % contre 37 % et 20 % pour les deux autres réseaux). La distance à la source principale en écrevisses est une variable explicative du patron de colonisation de P. clarkii commune aux trois réseaux. Cependant, selon les réseaux de mares, les cours d’eau joueraient un rôle de corridors de dispersion à travers la matrice terrestre plus ou moins efficace, et certaines mares colonisées constitueraient vraisemblablement de nouvelles sources en écrevisses pour leurs proches voisines. Par ailleurs, la majorité des mares présentaient des abondances en écrevisses encore modérées (en moyenne 1,6 ± 0,3 à 2,9 ± 0,8 individus.piège-1.jour-1 durant les deux années étudiées), ce qui laisse à penser qu’une résistance écologique des mares limiteraient le succès d’établissement de P. clarkii. En particulier, certaines caractéristiques abiotiques, telles que la taille et l’assèchement temporaire de certaines mares, expliquent partiellement les différences d’abondances en écrevisses. Enfin, l’analyse des associations biocénotiques entre P. clarkii et certains taxons prédateurs abondants dans les mares (macro-invertébrés et poissons notamment) ainsi que des premières données de barcoding alimentaire suggère une éventuelle résistance biotique exercée par ces représentants des mares sur l’invasive. D’une manière générale, ces travaux soulignent l’avantage de l’isolement géographique des mares face à l’arrivée de l’écrevisse invasive procurant ainsi des situations de refuges pour la biodiversité aquatique native. Certaines propositions en matière de conservation du patrimoine biologique de ces petits écosystèmes aquatiques (via notamment une tentative de généralisation sur l’invasibilité des mares) ponctuent ce travail de thèse.

Mots-clés :
ADN environnemental ; Dispersion ; Distribution spatiale ; Etablissement ; Méthodes de détection ; Structures de population ; Pression de propagules ; Procambarus clarkii ; Réseau de mares ; Résistance écologique

Contact : Anne TREGUIER




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