Soutenance de thèse de Lou BARBE



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Le vendredi 8 décembre 2017 à 14h00, amphithéâtre L, bâtiment 42, Campus de Beaulieu, UR1

Le vendredi 8 décembre 2017 à 14h00, amphithéâtre L, bâtiment 42, Campus de Beaulieu, UR1

Conséquences de l'assemblage des communautés végétales sur la décomposition de leur litière

Résumé :
Au cours de son assemblage, une communauté végétale subit de nombreux changements : immigration de nouvelles espèces de plantes, disparition de certaines espèces, immigration de nouveaux organismes décomposeurs et détritivores, changements de traits chez les espèces présentes… L’objectif de cette thèse a été de déterminer les conséquences de l’assemblage des communautés végétales prairiales sur la décomposition de leur litière, de l'échelle individuelle jusqu'à l'échelle de la communauté. Deux grandes démarches expérimentales ont été développées, la première utilisant un dispositif de mésocosmes permettant de manipuler le voisinage local des individus, la seconde utilisant un dispositif Long Term Ecological Research (LTER) impliquant un vaste réseau de prairies avec différentes communautés et durées d’assemblage. À l’échelle locale, nos résultats indiquent qu’un individu qui possède des plantes voisines fonctionnellement dissemblables produit une litière plus décomposable et peut également abriter des décomposeurs plus efficaces. Lorsque la litière de cet individu est mélangée avec de la litière d’autres espèces, la décomposition du mélange est accélérée par des effets synergiques lorsque les plantes voisines sont évolutivement dissemblables et fonctionnellement éloignées du mélange. À l’échelle globale de l’ensemble de la communauté, nos résultats indiquent que tout au long de l’assemblage, de nombreux changements de traits fonctionnels des espèces végétales ont lieu ainsi que des changements dans la composition de la communauté de décomposeurs. Ces changements impactent fortement la décomposition de la litière de la communauté prairiale mais s’annulent, maintenant le même taux global de décomposition. Enfin, nous avons exploré la rétroaction de la décomposition de la litière sur l'assemblage de la communauté: nos résultats indiquent que plus la litière de couples d’espèces se décompose vite, notamment via des effets synergiques, plus ces espèces coexistent entre elles.

Cette thèse a donc mis en évidence l’influence majeure de l’assemblage des communautés végétales prairiales sur la décomposition de leur litière, de l’individu jusqu’à la communauté végétale toute entière. L’assemblage des communautés végétales peut donc influencer les processus écosystémiques d’après-vie tels que la décomposition de la litière. Cette influence se produit via les traits des plantes et l’activité de leurs décomposeurs. En retour, la décomposition de la litière impacte l’assemblage de la communauté végétale. La décomposition de la litière ne semble donc pas une conséquence collatérale des traits des espèces végétales, mais bien un élément important de leur stratégie écologique et de leurs interactions biotiques, situé au cœur d'une boucle de rétroaction avec les processus d'assemblage des communautés.

Jury :
Eric CHAUVET, Directeur de recherche, Université de Toulouse III, Rapporteur
Elena KAZAKOU, Maître de Conférences, Montpellier SupAgro, Rapporteuse
Virginie BALDY, Professeure, Université Aix-Marseille, Examinatrice
François MUNOZ, Professeur, Université Grenoble-Alpes, Examinateur
Nicolas GROSS, Chargé de Recherche, Université de la Rochelle, Examinateur
Cendrine MONY, Maître de Conférences, Université de Rennes 1, Directrice de thèse
Vincent JUNG, Maître de Conférences, Université de Rennes 1, Co-directeur de thèse
Andreas PRINZING, Professeur, Université de Rennes 1, Co-directeur de thèse

Contact : Lou BARBE





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