Soutenance de thèse de Thomas FOUCART



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Le mardi 15 décembre 2015 à 13h00, amphithéâtre de la station biologique de Paimpont

Le mardi 15 décembre 2015 à 13h00, amphithéâtre de la station biologique de Paimpont

L’évolution de l’oviparité à la viviparité chez les reptiles : une approche éco-physiologique de l’équilibre des coûts et bénéfices chez une espèce à reproduction bimodale (Zootoca vivipara)

Résumé :
Dans son Historia Animalium en 343 av. J.C., Aristote nous proposait déjà deux critères qui continuent d’être aujourd’hui les bases fondamentales de notre compréhension de la diversité des modes de reproduction : l’origine des nutriments des embryons (lecitotrophie vs. matrotrophie) et le mode de parition (oviparité vs. viviparité). Depuis plusieurs décennies les biologistes s’affairent à comprendre les origines de la viviparité chez les reptiles dans l’espoir de pouvoir transposer leurs résultats aux autres groupes de vertébrés. En effet les analyses phylogénétiques récentes reconnaissent une évolution indépendante de la viviparité dans plus de 150 lignés de vertébrés dont au moins 115 concernent uniquement le phylum des reptiles squamates actuels (lézards, serpents et amphisbène). Les lignées présentant une transition évolutive de l’oviparité à la viviparité chez les reptiles se retrouvent généralement dans les climats froids, mais pas seulement. Les explications de ce pattern reposent souvent sur l’idée que les reptiles femelles gestantes puissent contrôler la température de développement de leurs embryons par leur comportement de thermorégulation, contrôle qui ne serait pas possible dans les sites de ponte situés sous la surface du sol. Durant cette thèse nous avons mis à profit une espèce à reproduction bimodale (Zootoca vivipara) permettant de comparer les modes reproducteurs ovipare et vivipare avec un minimum de biais phylogénétique. Nous avons montré sur chacune des formes certains des coûts (énergétique, contraintes volumiques, phénotype et performances de nouveau-nés) et bénéfices (phénologie et performance des nouveau-nés) de la reproduction. Nos résultats nous ont amenés à discuter de plusieurs pressions de sélection s’exerçant sur la durée de rétention des embryons, dont les directions seraient opposées et/ou dont l’intensité serait variable au cours du développement embryonnaire. Dans ce schéma, la sélection de la viviparité ne devrait intervenir que dans des contextes plus contraignants et procurant des gains compensant les coûts de prolongation de la rétention. Les modifications associées à la viviparité induiraient chez les squamates l’existence de deux modalités reproductives stables avec entre elles une instabilité évolutive des états intermédiaires.


Contact : Thomas FOUCART




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