Axe fédérateur 'Invasions Biologiques et Biologie de la conservation'

L'axe fédérateur 'Invasions Biologiques et Biologie de la conservation' comporte des enjeux sociétaux et des problématiques environnementales primordiaux et s'articule principalement au sein de l'UMR ECOBIO autour des grands thèmes suivants :

(1) Histoire des invasions ; suivis à long terme des processus de dispersion et de la dynamique de la colonisation des espèces invasives ; modélisation de ces processus
Les suivis menés dans les zones labellisées par le CNRS (Zone Atelier Armorique, http://osur.univ-rennes1.fr/za-armorique/ ; Zone Atelier de Recherches sur l'Environnement Antarctique et Subantarctique, http://za-antarctique.univ-rennes1.fr/, mais également dans d'autres localités (Marais Poitevin, Marais de Brière, Littoral Atlantique et de la Manche), intègrent à la fois des espèces animales et végétales. Ces recherches sur le long terme permettent une meilleure compréhension des stratégies de dispersion (court terme) et de diffusion (long terme) des espèces invasives, tout en appréhendant leur impact sur la dynamique des populations natives au sein des écosystèmes envahis. L'étude des processus évolutifs (démo-génétiques des populations, dynamique des génomes) apporte par ailleurs des éléments d'aide à la gestion de petites populations et des populations en forte expansion susceptibles de perturber le fonctionnement des communautés natives

(2) Conséquences écologiques et socio-économiques des invasions biologiquesAu sein de ce thème, nous abordons la vulnérabilité des faunes et flores autochtones ainsi que l'impact des invasions biologiques en termes socio-économiques. Nous cherchons à caractériser les éléments permettant de quantifier l'impact des espèces invasives sur les communautés natives et leur structure. La prise en compte des facteurs socio-économiques est un aspect innovant, au sein duquel nous étudions les changements de perception du statut de certaines espèces lors de leur expansion dans de nouveaux habitats.

(3) Plasticité des traits biologiques des espèces invasives au sein d'écosystèmes nouvellement colonisés, réponses à court et long termes des espèces natives
De approches intégrées, basées sur la génétique, la physiologie et les mécanismes comportementaux, permettent une meilleure compréhension des réponses à court et long terme des traits biologiques des espèces invasives au sein d'un nouvel habitat, tout comme ceux des espèces natives. En raison du manque de données quant au rôle des micro-organismes endogènes dans les processus d'invasions biologiques, nous nous intéressons au potentiel du parasitisme dans les capacités de colonisation, voire d'invasion des espèces. Nous abordons les causes génomiques (au niveau génétique, épigénétique), transcriptomiques, protéomiques, métabolomiques et phénotypiques de l'expansion rapide de certaines espèces.

(4) Degré d'invasibilité d'un écosystème
L'invasibilité des habitats est souvent liée à la connectivité, par exemple entre un cours d'eau et les annexes hydrauliques, canaux et marais. Les milieux insulaires sont également vulnérables aux invasions biologiques, en raison de leur faible connectivité avec d'autres écosystèmes et en raison d'une distribution géographique souvent limitée des espèces natives - par ailleurs parfois caractérisées par des populations aux effectifs réduits. Cet isolement des écosystèmes insulaires implique des conséquences sur les taux de changements évolutifs des espèces pouvant conduire à la spéciation. Ces écosystèmes peuvent ainsi être considérés comme des clés de voûte pour la surveillance, le contrôle, voire l'éradication des espèces invasives. Sur le long terme, ils permettent d'évaluer l'impact des espèces invasives sur un écosystème nouvellement colonisé.