Soutenance de thèse de Marie HERMANT



Le lundi 7 février 2011, à 14h30, salle des thèses, bâtiment 1, campus de Beaulieu, UR1.

Le lundi 7 février 2011, à 14h30, salle des thèses, bâtiment 1, campus de Beaulieu, UR1. Variation des traits le long des gradients environnementaux : rôle de l’intégration phénotypique et de la variabilité au sein des clades" Résumé : La réponse des traits à l'environnement a été étudiée essentiellement à travers la moyenne des attributs de trait des espèces et des lignées et a récemment été étendue à la variabilité intraspécifique. Cependant, les traits peuvent également répondre aux contraintes de l’environnement par (i) une forte détermination mutuelle des traits au sein des individus ou des populations, i.e. une forte intégration phénotypique, et (ii) une faible variation des traits au sein de lignées phylogénétiques entières. Nous avons testé : (i) les effets de l’environnement abiotique et biotique sur l'intégration phénotypique chez des espèces végétales subantarctiques et les conséquences écologiques et biogéographiques d'une forte intégration phénotypique, et (ii) les effets de l’environnement abiotique et biotique sur la variabilité phénotypique réalisée au sein des genres d’Angiospermes de l'Europe Centrale. Pour le premier aspect, nous avons constaté que l'intégration phénotypique est plus forte en conditions abiotiques stressantes. Le renforcement de l'intégration phénotypique se produit sur de petites échelles spatiales et peut limiter la flexibilité à grande échelle des stratégies de croissance et de reproduction. Nous avons également montré que la forte intégration phénotypique et environnementale peut contribuer à l'endémisme de certaines espèces subantarctiques, probablement par une spécialisation sur le long terme de ces espèces à leur habitat. Pour le second aspect, nous avons observé que la variabilité phénotypique réalisée au sein des genres de l'Europe Centrale est plus élevée dans des conditions abiotiques intermédiaires, ce qui reflète une plus grande indépendance des traits vis-à-vis de l'environnement abiotique. Nous avons également montré que le nombre d'espèces en coexistence est très conservé au sein des genres. Un niveau intermédiaire de coexistence semble coïncider avec à la fois une position intermédiaire des genres le long de gradients abiotiques et une plus grande variabilité de certains traits. Ceci suggère un rôle des interactions biotiques nombreuses, mais toujours prévisibles, pour le maintien (ou l'évolution) de niveaux élevés de variabilité des traits au sein des clades. Finalement, l'ensemble de nos résultats suggèrent que la capacité des espèces à répondre aux variations de l'environnement pourrait être fortement limitée aussi bien au niveau des phénotypes individuels qu’à l’échelle des clades entiers, notamment dans des environnements abiotiques et biotiques extrêmes. Jury : Peter CONVEY (Pr, British Antarctic Survey, Cambridge) / Rapporteur Wilfried THUILLER (CR CNRS, Université Joseph Fournier, Grenoble) / Rapporteur Serge AUBERT (MC, Université Joseph Fournier, Grenoble) / Examinateur Eric GARNIER (DR CNRS, CEFE, Montpellier) / Examinateur Gabrielle THIEBAUT (Pr, Université de Rennes 1) / Examinateur Andreas PRINZING (Pr, Université de Rennes 1) / Directeur de thèse Françoise HENNION (CR CNRS, Université de Rennes 1) / Co-directrice de thèse Contact : Marie HERMANT







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