Séminaire d'Aurélie ALBERT (Royal BotanicGarden, UK)



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Le vendredi 17 juin 2016 à 13h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Le vendredi 17 juin 2016 à 13h00, salle de conférences de l'OSUR, bâtiment 14b, Campus de Beaulieu, UR1

Impact des perturbations anthropiques sur les réseaux d’interactions plantes-animaux

Résumé :

Devant le problème global de destruction des habitats, il est primordial d’étudier la réponse des écosystèmes aux perturbations afin de mieux les protéger. De nombreuses études ont déjà démontré l’importance de la dispersion des graines pour le fonctionnement des écosystèmes et la dynamique de la biodiversité. Après m’être focalisée sur des espèces particulières de disperseurs, je souhaite aujourd’hui étudier la dispersion à partir d’une approche plus fonctionnelle, dans le cadre théorique des réseaux d’interactions. En effet, nous savons aujourd’hui que les espèces sont reliées par un réseau complexe d’interdépendances mêlant interactions antagonistes et mutualistes. Il est donc nécessaire d’étudier les réseaux dans leur intégralité pour mieux prédire l’impact des perturbations sur les écosystèmes.
Mon projet actuel m’amène donc à étudier les réseaux d’Asie du sud-est, région connue pour sa biodiversité et le fort taux de déforestation qu’elle subit. La première étape de cette étude est la reconstitution théorique d’un réseau de disperseurs présents au parc national  de  Khao  Yai,  en  Thaïlande,  d’après  les données de la littérature. J’ai décrit ce réseau (taille, espèces,  structure,  groupes  fonctionnels)  et  réalisé des simulations d’extinctions réalistes, c’est-à-dire basées sur les statuts de conservation des espèces animales. Le réseau apparaît fortement emboîté et modulaire  ;  la  taxonomie  et  la  morphologie  des espèces semblant avoir une influence majeure sur la modularité. Macaques et gibbons ont un rôle clé pour la cohérence du réseau. Contrairement à ce que nous prédisions, les résultats montrent que le réseau n’est pas robuste aux extinctions d’espèces menacées. En effet, ceci contredit ce qui a été démontré dans d’autres études réalisées à partir de simulations d’extinctions aléatoires. Cela démontre l’importance de réaliser des simulations réalistes. Ainsi, l’extinction de grands disperseurs super-généralistes menacés d’extinction pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la dynamique des écosystèmes. La prochaine étape de ce projet sera d’étudier des réseaux de sites plus ou moins perturbés, dans différentes parties du globe et dans différents milieux afin d’obtenir enfin une vision intégrative de l’impact des perturbations sur les écosystèmes.

Contact : Aurélie ALBERT

Affiche Seminaire A Albert








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